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Le poème du samedi

Le poème du samedi

Le 24 février 2018

La femme fleur

Le sexe n’est pas honteux !
N’est-il pas l’instrument inventé par Dieu pour donner vie à toutes ses créatures autant animales que végétales ? Et comme pour tout instrument, n’en est-il pas à la fois son luthier, l’accordeur et le compositeur, en faisant de nous, des instrumentistes plus ou moins talentueux qui improvisent, à sa baguette depuis son pupitre ses orchestres de chambre !

***

Tu es la vague, tu es le flux,
Le phare au secours d'un perdu
Ce petit pêcheur en suroît
Sa crique, son répit
L'abri de ses tempêtes !

Tu es la ruche, tu es le miel,
Par ta fenêtre ouverte
Au radieux soleil
L'unique œil à mes yeux
Par où le ciel est toujours bleu !

Tu es la rose, tu es la perle,
Tu es les pétales charnus
De la fleur des Jardins Suspendus,
Le triangle d'orfèvre
Taste-vin d'ivresse barbare !

Tu es l'arbre, tu es la pomme,
La porte de mon paradis
L'étoile qui mûrit,
Qui porte l'œuvre de l'homme
Et fait de lui un Dieu !


Tu es ma table, tu es sa Loi,
Tu es le Buisson ardent
La voie de l'Eternel
Sa bouche et son appel,
L'envie de l'éphémère vie !

Tu es mon jour, tu es ma nuit,
Tu es le baptême à la vie
Sur ma langue le goût de sel,
Le calice de mon désir
Ma communion solennelle !

Tu es mon orchidée
Porte ouverte à mon envi,
Ma Garance de Prévert
Des Enfants du Paradis,
Tu es ma femme, tu es ma fleur !

Tu es le pistil de mon pollen
Quand mon souffle sur ton haleine
Me fait jouir et respirer,
L’envie de relayer la vie
A la poursuite du bonheur !

Tu es le souffre, tu es le feu,
L'orgasme du pendu
Mais l'angoissant remords
D'être fruit défendu
A l'éternelle mort !

Tu es l’unique fleur
Qu’aura cueillie mon cœur
Tu es mon orchidée !...

Le 14 février 2018

Le baiser de Rodin

Tous les amants voudraient qu’on dise
Qu’ils furent Cléopâtre et César
Qu’ils eurent l’ivresse d’Héloïse
Buvant aux lèvres d’Abélard,

Que leurs étreintes qui les grisent
Et leurs aveux mieux qu’un Mozart
En un baiser s’immortalisent
A la vitrine des Beaux-Arts,

Mais les amours n’ont qu’un destin :
La solitude d’un miroir,
Une fane dans un tiroir…

Et le jour de Saint Valentin,
Chaque quatorze février
Une larme sur l’oreiller.

Le 3 décembre 2016

la fusée

Ça y est, Thomas Pesquet est à bord de la Station spatiale internationale pour une durée de 6 mois !...

Quand forcée par l'éclat d'un enfer atomique
La fusée se soulève en un effort brutal
Sur un crachat de feu, de roche et de métal,
Fiévreux, le sol est pris d'un tremblement sismique.

Pareille à un obus, l'ardente dynamique
Propulsée dans la nuit du lointain sidéral
Eventre les secrets de l'univers astral
En une rouge plaie dans sa panse cosmique.

Dans cette immensité, le silence est divin,
Les bruits et les clameurs se perdent en chemin,
Des étoiles, l'insecte et l'humain se confondent.

Elle suspend son temps sur la cime des cieux
Quand sur terre naissent ou s'écroulent des mondes,
Et s'éloignant de l'homme elle s'approche des dieux.

Le 19 novembre 2016

Les murs

Les murs gris des hospices
Et ceux des cimetières
Sont faits des mêmes pierres !
Quand les pauvres vieillissent
Dans l'ombre ils s'évanouissent
En se couchant derrière
Les murs gris des hospices
Et ceux des cimetières.

Quand des pouvoirs s'immiscent
A dresser des frontières
Qui ferment les paupières
Sur des états complices,
Les hommes se haïssent
En se jetant des pierres.
Ils préfèrent la guerre
Plutôt que l’armistice !

C’est un brûlot propice
Aux rancunes guerrières
Qui dressent des barrières !
Les cœurs qui se divisent
Entre leurs deux assises
Changent en poudrières
Les fleurs des cimetières
Aux funestes auspices...

La poésie, Art(bre) vivant

« Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas » affirma André Malraux

Déjà il nous mettait en garde contre le risque de l'appauvrissement de l'esprit. Reprenant ses propos Robert Kemp dans « Les Nouvelles Littéraires » en 1958 écrivait : « Imaginez à l'heure où nous sommes la race humaine sans poètes, sans conteurs et sans apôtres. On aurait beau rouvrir les boucheries nous ne vivrions plus longtemps »

Jacques Taurand pose une question pertinente dans un de ses récents écrits:

« Est-il encore temps d'atteler un poème
De tendre l'oreille à ce galop d'étoiles ? »

Amère réflexion pessimiste mais non sans raison !

Pour être un siècle de Vie, le 21ème siècle se devra d’être humaniste, car s’il devait perdre sa Poésie et ses rêves le genre humain privé alors d’espérance, serait livré à la barbarie et n’y survivrait pas.

« La poésie est un ART(BRE) VIVANT »

Prenons garde que cet arbre ne meurt à trop flatter et trop privilégier un langage hermétique. Charles LE QUINTREC dans son ANTHOLOGIE DE LA POESIE BRETONNE parue en 1980 exprime son amertume dans une virulente diatribe à l’encontre de certains poètes qui prônent l’obscurité sous prétexte d’originalité :

« La sécheresse fait des ravages et pas seulement dans le Sahel…Jamais, les anthologies le prouvent, nous n’avons recensés tant de poètes , jamais l’œuvre n’a été à ce point absente .. » ajoutant : « …Je pourrais donner cent, mille exemples ; je pourrais citer ici des textes qui ne se peuvent lire par aucun bout et qui n’ont de nom dans aucune langue…Comment s’étonner par la qualité d’un tel charabia de la désaffection du public pour un art littéraire qui hier encore passait pour un art de vivre ? »

Bernard-Henri LEVY n’essaye-t-il pas d’expliquer en août 2001 dans LE POINT : « L’obscurité d’un grand penseur ou d’un écrivain n’est après tout qu’une façon de protéger son texte…Vertu de l’obscurité!!...Danger de la grande clarté …selon Lacan !! » Nous dit-il sérieusement… De quoi rire. Assurément MOLIERE n’est pas mort !

Billevesées d'un snobisme littéraire à l'égal des « Incoyables » du Directoire. Il faut s'en faire une raison. Il en est ainsi de toutes les époques. Et cela passe… comme les modes.

Triste constat d’une Poésie Française défaillante. La Poésie ne se vend plus ou si peu. Ses quelques courageux éditeurs en savent quelque chose. A vouloir dérouter le lecteur, que ces « poètes » ne s’étonnent pas de les voir changer de chemin.

« De même que le théâtre est fait pour être joué,
La poésie est faite pour être dite...»

affirmait Raymond Queneau

Mais à quoi servirait de DIRE si cette nécessité n’avait pour corollaire la condition d’être ENTENDUE. Quand le poète se dévoile dans une démarche impudique en donnant son âme en pâture, il aide celui qui l’entend à se mieux reconnaître en partageant ses émotions, ses sentiments, ses incertitudes et ses angoisses. Mais pour que cette transfusion poétique s’opère faut-il encore que créateur se pose sur la même longueur d’onde que son lecteur en un langage qui lui soit compréhensible. Sans cette résonance cette soi-disant poésie à usage de pseudo intellectuels abscons et nombrilistes est lettre morte avant même d’avoir vécu condamnée à disparaître sous les poussières du temps.

« Le poète est celui qui inspire
Bien plus que celui qui est inspiré »

signait Paul Eluard en 1930 à la fin d'un texte en prose situé au début de « Ralentir Travaux », ouvrage écrit en collaboration avec André Breton et René Char. Il l'explicite dans « L'Evidence Poétique » en 1937 :

« Les poèmes ont toujours de grandes marges blanches, de grandes marges de silence où la mémoire ardente se consume pour recréer un délire sans passé. Leur principale qualité est non pas d'invoquer, mais d'inspirer. Tant de poèmes d'amour sans objet réuniront un beau jour des amants. On rêve sur un poème comme on rêve sur un être. La compréhension comme le désir, comme la haine, est faite de rapports entre la chose à comprendre et les autres, comprises ou incomprises. »

Comme le montre ce commentaire, cette formule se rattache à l'idée que le lecteur doit participer à la création de l'œuvre. Le poème par son ouverture, son langage elliptique, se propose à l'imagination active de celui-ci qui le transfigurera au moule de sa propre sensibilité. Certes il a raison ! Mais faut-il encore que le poème accroche la sensibilité de son lecteur et ne tombe pas dans un galimatias incompréhensible comparable à de la mauvaise peinture jetée en vrac sur une toile. « On ne fait pas une bonne cuisine en mélangeant n’importe quoi. »

La parole de l’auteur doit être sincère et vraie sinon elle n’est que fumisterie. L’émotion poétique doit être ressentie par le créateur pour passer dans l'œuvre et réapparaître ensuite dans l'âme du lecteur. Mais, pour que la transfusion s'opère cela suppose aussi que le créateur ait cette énergie mystérieuse, cette fulgurance luminescente qui caractérise la grande Poésie.

La simplicité est un Art plus difficile qu'il n'y paraît. Il ne permet pas de tricher. J'en veux pour exemple le poème égyptien gravé en hiéroglyphes il y a 2300 ans avant Jésus Christ :

« Ton Amour est dans ma chair
Comme un brin d'herbe dans le vent »

Il ne sort pas d'une sémantique obscure mais est d'une simplicité lumineuse, un langage universel qui va droit au cœur. Et ce n'est pas un hasard si les poèmes de Rutebeuf et de Ronsard ont traversé les siècles gardant leur fraîcheur et leur pouvoir d'émotion.

Certes ! La poésie est diverse. Cette diversité est vitale à son épanouissement. Mais elle ne peut se satisfaire des gnostiques qui prônent l'Art pour l'Art et qui révèrent l'obscurité en l'accablant d'œuvres hermétiques au risque de la saborder.

« Nous pouvons goûter Mallarmé, son laurier comme celui de Baudelaire ne nous paraît-il pas plus précieux, plus enviable que toute la gloire de Victor Hugo. Et c'est pourtant Hugo qui demeure notre plus grand poète » constatait François Mauriac.

C'est parce qu'il parlait aux hommes le langage du cœur.

Les poètes ne doivent pas se renfermer dans leurs chapelles en oubliant leurs lecteurs. La Poésie se doit de rester vivante. En sachant SE DIRE et SE FAIRE ENTENDRE.

En cet ère révolutionnaire de la Pensée qui tend à la déshumanisation de la société alors que la remise en question de la définition de Dieu bouleverse les esprits (comme ce le fut à la fin du 5ème siècle au moment de l'effondrement de l'Empire romain quand les fidèles du Panthéisme allaient se détourner de leurs dieux pour embrasser la nouvelle religion venue de Palestine) l'homme a plus que jamais besoin de Poésie, de capter cette résonance pour partager avec le poète l'exploration des profondeurs de l’âme, pour ne pas s'égarer dans un monde « sans repère ».

Ce n'est pas blasphémer que de dire que ce sont des poètes qui ont »inventé» Dieu (du latin « inventus» : trouver). Les dieux de l'Olympe ne sont-ils pas œuvres poétiques ? Akhenaton et à sa suite Moïse, David, Jésus et Mahomet , Bouddha lui-même ont été en leur temps des poètes inspirés et visionnaires.

Le poète est pour l'homme une lumière qui ne saurait lui apporter la Connaissance pas plus que la Vérité mais un fanal d’espérance qui lui jalonne son chemin à travers le néant en vue d’accoster un dernier port dont il ne sait rien.

« Quand la mythologie s'effondre c'est dans la Poésie que trouve refuge le Divin… » disait Saint John Perse lors de son allocution au banquet du prix Nobel de 1960, et mettant en équivalence la science et la Poésie il ajoutait :

« … Quand on mesure le drame de la science moderne découvrant jusque dans l'absolu mathématique ses limites rationnelles, n'est-on pas en droit de tenir l'instrument poétique pour aussi légitime que l'instrument logique ? Au vrai, toute création de l'esprit est d'abord »poétique» au sens propre du mot, et dans l'équivalence des formes sensibles et spirituelles, une même fonction s'exerce, initialement, pour l'entreprise du savant et pour celle du poète… Et la grande aventure poétique ne le cède en rien aux ouvertures dramatiques de la science moderne. »

La Poésie est un ART DE VIE, et avec la philosophie un ART DE PENSER.

« Je pense donc je suis »

disait Descartes.

L'homme glisse vers sa mort dès qu'il cesse de penser.

Mais si le livre et la poésie sont depuis Gutenberg les principaux véhicules de la pensée, ne risquent-ils pas d'être insensiblement mis à l'écart par l'audiovisuel, où cinéma, télévision, vidéo et Internet sont autant d'incitations à la paresse intellectuelle ? Quand l'élite va volontiers au devant de l'effort pour approfondir toute réflexion, la plupart des hommes dans la banalité de leurs sentiments et de leur curiosité intellectuelle s'abandonnent à la facilité. Le niveau culturel de la télévision attentive aux résultats de son audimat en est une démonstration affligeante.

Ainsi, il est essentiel et vital pour l'humanité que la Poésie continue d'exister. C'est aux poètes eux-mêmes qu'incombe la charge de sa pérennité et de s'en donner les moyens en défendant leur ART.

Roger-André Halique

Un étrange étranger...

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Roger-André HALIQUE
Membre de l’Académie Arts-Sciences-Lettres

Roger-André HALIQUE né à Rennes en 1938 a passé son enfance  en Brocéliande. 

Elève de René Simon de 1959 à 1961, il fut comédien à Paris de 1961 à 1965. 
Acteur de la compagnie « L'Equipe » (salle Valhubert à Paris), il participe aux festivals d'Avignon, Beaugency, Vichy et Gonesse jouant du Shakespeare dans La Tempête et La comédie des erreurs, jouant également du Marivaux, Musset et Offenbach, se produisant notamment  au Théâtre de La comédie Wagram (1961) dans Le plaisir de rompre de Jules Renard, et au Théâtre du Chatelet (1962-1963) dans La Polka des lampions de Marcel Achard dont le livret servit de script au film de Billy Wilder «Certains l'aiment chaud».

Contraint de se retirer à Saint-Brieuc pour raisons familiales, il exerce pendant 30 ans la profession d'agent d'affaires.

En 1971, il publie son premier recueil de poèmes L'Etrange étranger aux éditions de l'Athanor (Paris), puis un second en 1989 L'Instant éternel à  «Le méridien éditeur» (Paris).

Parallèlement peintre et sculpteur sous la signature de Halic, il expose à la Biennale des Beaux Arts au Grand Palais (février 1991), à la galerie Médiart à Beaubourg (septembre-octobre 1993) ainsi qu'en Bretagne (Rennes, Vannes, Quiberon, Binic et Saint-Brieuc).

Enfin en 2002 , retiré d'une profession sclérosante, il peut enfin se consacrer totalement à ses aspirations les plus profondes.

En 2003 directeur des 39ème Jeux floraux de La Baule il fut l'initiateur et l'organisateur du Grand Festival de Poésie de La Baule et de la côte d'Amour qui se déroula du 7 au 13 avril sur l'ensemble des cinq communes de la presqu'île du Croizic.

*  Grand Prix de prose poétique au Concours International 2001
*  Médaille d'Or de la Poésie 2010 au 32ième Salon de BONDY-ARTS-INTERNATIONAL
*  Membre lauréat de l'Acacadémie des ARTS-SCIENCES-LETTRES 2011

Introduction...


CHARLES LE QUINTREC
Grand prix de la Société des gens de lettres pour l’ensemble de son oeuvre

Né en 1926 à Plescop dans le Morbihan il est le grand romancier de la Bretagne, poète, essayiste et critique littéraire. Son œuvre incontournable mainte fois récompensée écrite dans une langue dont la richesse est en soi un vrai trésor patrimonial s’est faite témoin de notre siècle aussi bien en relatant la vie d’un enfant de la terre dans ce qu’elle eut de plus humble et de plus merveilleux, passant à celle d’un jeune écrivain dans le Paris de l'après guerre, autant qu’en restituant l’âme de la Bretagne dans son quotidien de foi et de pauvreté le plus âpre mais aussi le plus enchanté de sa paysannerie du temps de paix et de la guerre, la magie des paysages et la poésie de sa terre natale.

« C'était en juillet 2003, à Baden, chez Anne et Patrice. Il y avait là deux douzaines de poètes et, parmi eux, Roger-André Halique.
Après un repas pris dans le parc du château de Kergonano nous gagnâmes les ombrages. Le récital qui suivit me permit de faire plus ample connaissance d'un homme au visage clair avec des yeux de tourterelle et une chevelure poivre et sel, en partie dédiée à la bohème du temps. C'était Roger-André Halique que je ne connaissais pas six semaines plus tôt.
Sans plus de manière, il dit un texte célébrant sa femme Suzy. Très beau texte, interprété avec un art qui se perd et que Roger André Halique possède pour avoir fait du théâtre et s'être inspiré, dans sa jeunesse, de ces comédiens qui de Racine à Jammes et à Claudel, savaient brûler les âmes plus encore que les planches.
Ce poème à Suzy, le poète nous l'offrit avec bonheur et, pour finir, avec des larmes. Bouleversé, il nous bouleversa :

Précoces les muguets grelottaient au soleil
Nous étions deux enfants. C'était un jour d'avril
Rajeunie la nature émergeait du sommeil
... Suzy t’en souviens-t-il ?

D'autres poèmes qu'il vient de réunir sous le titre « Le cri du sel » sont d'un homme qui aurait vécu plusieurs existences et qui aurait traversé maints déserts pour nous en offrir les oueds et les palmes plus que les ergs et les dunes. Il faut lire « Un matin à Fayoum »... On y retrouve le goût, le parfum des Orientales célébrées par le jeune Hugo.
Cela dit, sa source d'inspiration la plus constante, la plus heureuse, est une hymne quasi religieuse à la Femme toujours aimée, toujours tournée vers la lumière, Isis au Désir, à la fois brûlante et brûlure.
Ce poète qui prend son pain – ce pain spirituel qu'on a plaisir à partager – au hasard des routes, paraît avoir une prédilection pour le grand Sud, les nuits grecques et Mésopotamiennes. Il met plus d'azur que de nuages dans ses compositions et vogue volontiers vers l'océan des sables.
Le voici à la fois tenté par le dire gravissime et par les ouaillais du père Ubu. Le voici léger comme Banville et Laforgue, désarticulant le vers à tout va pour le plaisir de lui couper les pieds.
Entre deux facéties, deux pirouettes, il aime à rappeler avec Paul Valéry que ‘’ Tout va sous terre et rentre dans le jeu ».
J'ai parlé de Hugo. Il y a une sorte de Gavroche tourné vers tous les éblouissements chez Roger-André Halique. Il serait Grec ou Kurde, s'il n'était Breton; chansonnier, s'il n'était poète, négociant, s'il n'était comédien. C'est un homme qui aura beaucoup dépensé de son temps et de son talent à la recherche d'un bonheur qui, de toute façon, ne se trouve pas dans un livre, mais qu'il semble avoir cultivé, tout au long de ses années les plus secrètes . »

Charles Le Quintrec, le 28 juillet 2003

Ce Vendredi 14 novembre 2008
A l'heure où le soleil est haut
Charles Le Quintrec
Le hobereau
Poèmes au vent
Nous a quitté
Vers sa Félicité.

Homme de Lettres majuscule
Il a rejoint sa Terre Promise
Sans aube et sans crépuscule !
Fermant sa parenthèse
Il est passé dans la Lumière
Aussi vite qu'une virgule
Sans point final et sans néant.
La mort ne vient qu’avec l’oubli !
Un grand poète ne meurt pas
Il entre dans la mort
Comme le troubadour entre dans un palais
Pour y chanter l’amour
Et jouer aux osselets...

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